Est-ce que je reviendrai à la fin de mes vacances ?

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Après le premier confinement mi-2020, de grandes questions agitaient les esprits :

Comment sera fait le monde de demain ?
On refait pareil ou on change tout ?
Qui seront les gagnants ? Qui seront les perdants ?

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Deux ans après, les réponses arrivent, mais pas toujours comme imaginées.

Une évidence : on ne sort pas tout à fait de la même manière qu’on est entré dans la pandémie. Le fait le plus marquant est la série de crises qui s‘auto-alimentent les unes aux autres. Après une forte inflation, une guerre en Ukraine et un dérèglement climatique avec des effets notables : inondations, grêle, sècheresse, vagues de chaleur, incendies, productions agricoles en berne, nous assistons à la « disparition des travailleurs » !

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Demain, je démissionne !

Ce phénomène, connu sous le nom de « Grande démission » touche tous les pays occidentaux. Il déferle actuellement sur la France et concerne tous les secteurs d’activité. Bien sûr, les boulots particulièrement contraignants et mal payés sont concernés, comme dans la restauration et la santé. Mais d’autres secteurs d’activités sont touchés et en particulier le nôtre.

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Altran et Capgemini : la fuite des cerveaux

La traversée de la crise pandémique s’était bien passée : un peu d’activité partielle payée par l’Etat, juste un « lâcher » de quelques centaines de salariés entre juin et décembre 2020 (licenciements, ruptures conventionnelles et démissions) puis une reprise du business en 2021 et 2022, plein pot.

Le recrutement a été bon tout 2021 et les départs étaient peu nombreux. Puis, petit à petit, les embauches ont peiné à compenser les départs. A ce jour, les effectifs sont au même niveau qu’il y a un an, abstraction faite des transferts récents des salariés IT et FPS vers Capgemini.

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Les conséquences économiques

Le business est là, mais les consultants ne sont pas là. Il manque les forces de production. Le taux d’intercontrat est inférieur à 2%. Quasiment le plein-emploi ! Ce qui fait que la croissance de l’Entreprise est limitée par manque de bras…

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Pourquoi les salariés quittent le navire ?

Le salaire

Le marché de l’emploi au niveau national est en plein boom et entraine des niveaux de salaire nettement plus élevés que ceux pratiqués jusqu’à présent.

La politique salariale d’Altran fait que les éventuelles augmentations ne sont que rarement suffisantes pour compenser les écarts avec le marché. En particulier, les managers locaux n’ont aucune marge de manœuvre pour accorder des augmentations de salaire substantielles, sauf à pénaliser de nombreux autres salariés de leur périmètre. Et en purs mercenaires, les salariés « anciens » vont vers nos clients et nos concurrents pour des salaires de 10 à 20% plus élevés.

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Propositions FO

Altran serait bien inspiré en s’affranchissant de sa politique salariale et en rémunérant les salariés « au prix du marché ». Cela réduirait fortement les départs de salariés et les pertes d’énergie (et d’argent) du service Recrutement. De plus, avec moins de nouveaux « bien payés », plus d’anciens mieux payés et des coûts de recrutement moins élevés, le coût financier global serait équivalent à la situation actuelle.

Les promesses jamais tenues

Invariablement, lors de l’embauche, les salariés ont eu des promesses de salaires confortables et on leur a fait miroiter les avantages donnés par l’entreprise (transport, mutuelle, titres restaurant, etc …), les primes diverses, les missions passionnantes (« des missions d’envergure pour des clients prestigieux ») et surtout les perspectives d’évolutions de carrière.

Quelques mois après l’embauche, les désillusions sont là :

Les salaires promis se sont quelques fois révélés à la baisse lors de la signature du contrat. Mais, promesse supplémentaire, « un rattrapage régularisera cela dans quelques mois » … Promesse, toujours promesse …
Les primes sont pour les autres. Mais « promis, pour la prochaine mission, tu auras des primes… »
La mission n’est pas passionnante, même si c’est pour un client international,
L’évolution de carrière : mission après mission, les responsabilités, la classification et le salaire stagnent. Alors l’évolution de carrière, elle ne pourra se faire qu’en dehors d’Altran.

 

Propositions FO

⇒Ces mauvaises pratiques existent depuis qu’Altran est Altran. Il serait tant de les faire disparaître

⇒Nous rappelons au management que le manque de crédibilité d’Altran est toujours in fine préjudiciable à l’Entreprise.

Le résultat de ces mauvaises pratiques est que les salariés partent, que le recrutement compense difficilement les départs et que le business pâtit de cette situation.

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La quête de sens

De nombreuses missions ne correspondent pas ou plus aux aspirations des salariés.

Une fois passée l’euphorie du premier travail, de la première mission, le salarié se retrouve à remplir un tableau excel avec des chiffres abscons, à écrire des lignes de codes pour des logiciels sans intérêt, à collecter des indicateurs plus ou moins faux, à écrire des documents inutiles … Le sentiment d’être dans un « bullshit job » tel que défini par David Graeber pointe le nez…

Viennent ensuite le contenu, les valeurs portées et l’éthique de la mission. Voici, juste pour exemple, un extrait d’un article du Monde, paru début juillet.

C’est un tweet posté par un directeur du cabinet de conseil Capgemini, en juillet 2019, quelques mois avant que le pays bascule dans la crise sanitaire. Le consultant s’y dit « fier » d’avoir accompagné « avec succès » l’hôpital de Nancy et cite, à l’appui, un article annonçant que « la suppression de 179 lits et de près de 600 équivalents temps plein dans les effectifs » au CHU de Nancy vient d’être approuvée par les autorités publiques.

Le professeur Stéphane Velut, neurochirurgien du CHU de Tours, a archivé le message. D’abord parce que ce plan, présenté comme remarquable à l’été 2019, a coûté son poste, au printemps 2020, au directeur de l’agence régionale de santé (ARS) Grand-Est. Celui-ci avait estimé, en pleine lutte contre le Covid-19, qu’il n’y avait « pas de raison » d’interrompre les suppressions de postes et de lits à l’hôpital de Nancy. Un faux pas politique que le gouvernement a sanctionné. Le professeur Velut a aussi suivi cette histoire de près, car, en dépit de la crise aiguë qui affecte le système de soins, un programme de réduction de coûts analogue guette le CHU où il exerce.

« Il est prévu que l’hôpital de Tours, qui compte plusieurs sites, soit restructuré et rénové. Mais le financement de ce projet, tel qu’il nous a été présenté en 2017, était assujetti à la suppression de 250 lits, explique le neurochirurgien. Pour nous faire avaler cette pilule, nous avons eu droit à des séminaires organisés par Capgemini. » Lire aussi : Plus de 5 700 lits d’hospitalisation complète fermés en France en 2020, en pleine pandémie de Covid-19

Le médecin ne savait « même pas que ce corps de métier – les consultants – existait. Ils nous expliquaient que l’hôpital de demain serait un “aéroport” – on rentre, on opère, on sort –, utilisaient des expressions comme “redimensionnement capacitaire” sans nous dire à l’époque que ça signifierait près de 25 % de lits en moins ».

De jeunes cadres expliquent alors aux chefs de service qu’ils peuvent améliorer leur pratique, en comparant la durée moyenne de séjour des patients au CHU de Tours à celle de l’hôpital de Grenoble, bien inférieure. « Or, les activités ne sont pas comparables, Grenoble fait davantage de traumatologie de la colonne vertébrale, s’agace le neurochirurgien. On assistait à un lavage de cerveau, si bien qu’au bout de quelques mois, lors d’une réunion de praticiens, nous avons décidé d’évincer Capgemini. » Depuis le début de l’épidémie de Covid-19, le nouvel hôpital et le plan d’économies ne sont plus à l’agenda, mais « ils vont y revenir, prévient le médecin. Simplement, je crois comprendre qu’ils supprimeront moins de lits que prévu initialement ».

A la suite de cet article, le Président du Country Board France a précisé le 4 juillet 2022, dans un mail aux salariés du Groupe, que la passation des marchés était régulière. Mais il reste que, sur le fond, un certain nombre de missions de l’Entreprise consiste à donner à nos clients des arguments pour justifier des décisions de liquidations d’emplois et/ou de secteurs d’activités qui s’avèrent pourtant stratégiques, voire vitaux, de conserver.

Si pour certains consultants, cela ne pose aucun problème « éthique » de réaliser des missions avec des conséquences préjudiciables vis à vis de certaines catégories de personnes ou de leur environnement, cela peut pour d’autres, au contraire, engendrer un refus et une démission.

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Revendications FO

Instauration d’une clause de conscience pour tous les cas contraires à l’éthique de chaque salarié.

Les mauvaises conditions de travail

Il existe toujours des salariés envoyés au feu et sans préparation. Le cas classique est celui du jeune consultant envoyé chez le client et livré à lui-même, ce qui entraine une fin prématurée de la mission. Et évidemment, le consultant est accusé d’avoir « planté la mission ».

Revendications FO

Le management ne doit pas se résumer à une simple mise en location de personnel. Nous attendons de notre hiérarchie un véritable accompagnement durant les missions et une réelle prise en compte des difficultés que chacun peut rencontrer. Enfin, nous n’acceptons pas que le consultant soit systématiquement incriminé lorsquune mission se termine avant la fin programmée.

⇒Afin d’éviter toute situation malsaine en fin de mission, nous demandons la mise en place, sur demande du consultant, d’une commission « bilan de mission », dans laquelle participerait le manager, le consultant, les RH et un représentant du personnel.

Comment Altran organise le recrutement ?

En plus de la nécessaire compensation des départs des salariés, le recrutement est principalement en fonction des perspectives de business.

Pour attirer les futurs embauchés, Altran n’a pas d’autres choix que de proposer des salaires au niveau du marché, c’est-à-dire à un niveau plus élevé que celui existant chez Altran.

Nous nous retrouvons donc dans la situation paradoxale d’avoir des nouveaux embauchés avec un salaire plus élevé que les anciens !

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Les réactions d’Altran

Pour tenter d’enrayer la fuite des salariés, Altran communique sur quelques accessoires de salaire et autres avantages récemment mis en place : prime intéressement, prime de vacances, peut-être des congés supplémentaires (ancienneté, …), télétravail, handicap, …

⇒Pas sûr que ce soit suffisant, quand on sait que la démarche d’Altran est de se rapprocher progressivement du statut du salarié Capgemini, sans pour autant le copier. Le cas le plus flagrant est la prime de vacances à 700 euros, alors que cette prime est égale à ½ mois de salaire pour les salariés Capgemini, soit, au minimum, 500 euros en moins.

Conseils FO

Vous souhaitez partir ou, au contraire, rester mais avec de bonnes conditions de travail, n’hésitez pas à nous contacter :

ds.fo@fo-groupe-altran.com

Actualité Covid

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Un invariant : la suppression de la carence

Depuis le début de la pandémie, les indemnités journalières de la CPAM pour les salariés en arrêt maladie Covid sont versées dès le premier jour d’arrêt, sans carence. Cette disposition devrait perdurer jusqu’au 31 décembre 2022…

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Le complément de salaire par Altran

Pour rappel, lors d’un arrêt maladie, Altran fait un complément de salaire pour un salarié ayant une ancienneté de plus d’un an, durant 90 jours sur 12 mois glissants. En particulier, Altran prend totalement en charge le délai de carence.

Par contre, il n’y a pas de complément de salaire pour les salariés ayant une ancienneté inférieure à un an. Seules les indemnités journalières de la CPAM sont versées à partir du 4ème jour d’arrêt.

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Les indemnités COVID

En conséquence, et quelle que soit l’ancienneté, il sera versé au salarié en arrêt :

  •  Les indemnités de la CPAM dès le premier jour d’arrêt, soit 50% du salaire journalier de base, plafonné à 48,69 €/jour,
  • Le complément de salaire à 100%

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Conseils FO

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Les impositions de congés chez Altran

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Comme d’habitude, Altran a distribué ses impositions de congés sans discernement. Avant le 8 juillet, il fallait que les salariés posent au minimum 10 jours consécutifs de congés « CP Référence » sur la période restreinte du 13 juin 2022 au 16 septembre 2022, sinon ces 10 jours seraient posés arbitrairement du 1er au 12 août. Des relances ont été faites pour tous les salariés qui n’avaient pas encore planifié leurs congés à cette date. Rappelons que l’imposition de congés est légale uniquement pour les congés acquis, c’est-à-dire ceux qui ont été acquis durant la période 1 juin 2021 / 31 mai 2022 et notés CP Référence. En aucun cas les congés en cours d’acquisition ne peuvent être imposés, c’est-à-dire ceux qui sont acquis durant la période 1 juin 2022 / 31 mai 2023 et notés CP En cours. Evidemment, Altran a relancé également des salariés qui avaient un compteur « CP Référence » à zéro, donc qui n’étaient pas concernés par cette imposition. Ces situations existent dans les cas suivants :

  •  Salariés ayant consommé tous leurs congés CP référence avant le 1er juin 2022 (salariés utilisant largement leur CP en cours, dit par anticipation dans cette circonstance)
  • Salariés embauchés après le 1er juin 2022
  • Salariées en retour de maternité
  • Salariés en arrêt maladie

Conseils FO

Au cas où Altran vous aurait imposé des congés alors que vous estimez être dans la catégorie des salariés exemptés d’imposition, n’hésitez pas à nous contacter :

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