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Novembre 2025

Risques professionnels, Une prévention qui oublie les femmes

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L’évaluation des risques professionnels

Parmi toutes les obligations d’un employeur, il y a celle de la santé et la sécurité de ses salariés.

Pour ce faire, l’employeur est tenu d’évaluer les risques professionnels encourus par les travailleurs. L’exhaustivité des risques et des moyens de prévention est transcrite dans le Document unique d’évaluation des risques professionnels (DUERP), document transmis pour avis au service de prévention et de santé au travail ainsi qu’au Comité Social et Economique (CSE).

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Une obligation d’évaluation différenciée depuis 2014

Depuis la loi du 4 août 2014 pour l’égalité réelle entre les femmes et les hommes, le Code du Travail (article L4121-3) stipule que « l’évaluation des risques tient compte de l’impact différencié de l’exposition au risque en fonction du sexe ».

Or, nous constatons que cette obligation légale n’est pas appliquée !!

Mais, il est vrai, également, que, d’une manière générale, les autres entreprises en France peinent à mettre en œuvre cette obligation, par méconnaissance, par crainte de discrimination, ou par absence d’outils méthodologiques adaptés.

⇒ Il serait temps que notre employeur réagisse positivement.

Pour rappel, la conception des systèmes et organisations de travail, des matériels, des machines, des EPI sont pensés en référence à un homme « moyen », et quasi jamais en référence à une femme « moyenne ».

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Y aurait-il des risques spécifiques concernant les femmes ?

Au niveau national, selon Santé publique France, alors que les accidents du travail diminuent globalement chez les hommes depuis 2001, ils explosent chez les femmes avec une hausse de 42 % sur la même période. De plus, la souffrance psychique liée au travail frappe désormais deux fois plus les femmes que les hommes – 6 % contre 3 %.

Ces chiffres démontrent que les femmes ne sont pas exposées aux mêmes risques que les hommes et qu’en plus elles sont nettement plus touchées par les accidents du travail.

⇒ Si des différences existent sur le plan national, alors des différences existent forcément au sein de notre entreprise.

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Quels risques spécifiques chez Altran ?

Nous pouvons distinguer deux familles de risques, la première impactant la santé physique et la deuxième impactant la santé mentale.

Risques liés aux différences physiques

Les femmes et les hommes sont physiologiquement différents sur différents plans :

 Taille / poids / morphologie (par exemple : segments corporels plus courts…) : avec des impacts sur le dimensionnement, l’organisation spatiale des postes de travail, la forme et les fonctionnalités des équipements de travail, des dispositifs d’aide technique, des équipements de protection individuelle (vêtements, masques, gants…) ;
 Constitution organique : répartition des masses musculaires et graisseuses, propriétés élastiques ligamentaires et tendineuses, résistance osseuse, modalités de thermorégulation (sudation vs vasodilatation…), ce qui impacte la vulnérabilité aux solvants de manière différenciée, par exemple ;
 Force musculaire : mobilisée de manière différente pour les femmes (plus au niveau des hanches), capacités cardio-vasculaires (limites d’effort, port de charges, représentation des contraintes liées à certaines tâches) ;
 Fonctionnement hormonal (règles, grossesse, ménopause…), métabolisme, immunité.

Ainsi, en raison de ces différences, les risques spécifiques identifiés et non exhaustifs sont :

 Les postes sur PC en raison d’une plus grande sensibilité aux TMS (troubles musculo-squelettiques) – quasi toutes les salariées.
 Les postes en environnement à risques chimiques – consultantes sur site chimique, pharmaceutique, nucléaire.
 Les situations 3M (menstruation, maternité, ménopause) sont également à prendre en compte, car elles sont à ce jour quasiment invisibilisées.

Risques liés aux différences sociales

 Les évolutions professionnelles, souvent plus limitées pour les femmes que pour les hommes, se traduisent par une exposition prolongée aux risques professionnels, ce qui renforce les phénomènes d’usure professionnelle.
 Les métiers tels que les fonctions support et RH sont majoritairement occupés par des femmes. Or une grande partie de ces métiers est considérée comme un mal nécessaire – citons la paie, les frais, la sécurité, la comptabilité, le recrutement, la gestion du personnel, … – voire comme un ensemble de tâches subalternes. En conséquence, il est constaté une rémunération moindre, un manque de reconnaissance et une absence de perspective. De la même manière que précédemment, l’usure professionnelle est à craindre.

Un exemple parmi d’autres : début 2023, notre employeur a décidé d’abandonner les outils Altran dédiés à la gestion du personnel (paie, relevé d’activité, ordre de mission, frais, …) et de basculer vers les outils Capgemini. Nos fonctions support, qui sont essentiellement des femmes, ont été (sur)chargées de mettre en application ce transfert d’outils en trois mois. Ce projet, conçu par des hommes, a abouti à une mise en pression exceptionnelle des fonctions support. Pour tenter de limiter les dégâts, les CSE ont lancé une alerte danger grave et imminent (DGI), contraignant l’employeur à prendre des mesures correctives, alors que celui-ci aurait dû prévoir des mesures de prévention en amont du lancement de son projet.

A ce jour, les femmes ayant vécu cette « expérience » restent toujours traumatisées.

 Les femmes sont nettement plus exposées aux violences sexistes et sexuelles, tant dans la vie privée (violences conjugales, domestiques), qu’au travail (sexisme ordinaire, harcèlement sexuel, etc.). Non seulement notre employeur doit prendre des mesures pour prévenir le risque dans l’entreprise, mais, en plus, il ne peut ignorer le risque issu de la vie privée, car les salariées concernées amènent leurs problèmes dans l’entreprise, ce qui les met en insécurité permanente.

 La répartition de la charge domestique et familiale revient encore majoritairement aux femmes. Phénomène accentué par la monoparentalité plus importante chez les femmes. La charge mentale se retrouve ainsi augmentée, contribuant à un épuisement professionnel accélérée.

 

Position FO

Au-delà de l’impératif éthique, l’évaluation différenciée des risques représente un investissement économiquement rationnel. La réduction de l’absentéisme, la diminution des accidents du travail, l’amélioration du climat social et la valorisation de la marque employeur constituent autant de retours sur investissement tangibles pour une entreprise qui s’affiche comme ayant une responsabilité sociale et éthique comme la nôtre.

Pour aller plus loin, vous pouvez consulter le « guide DUERP : réaliser une évaluation différenciée des risques professionnels pour les femmes et les hommes » de l’Agence nationale pour l’amélioration des conditions de travail (Anact) ou nous contacter :

ds.fo@fo-groupe-altran.com

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La Mutuelle, Des évolutions à venir

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Petit historique de la mutuelle chez Altran

La mutuelle comprend deux parties bien distinctes.

➢ La complémentaire santé : ce sont les consultations chez le médecin, la pharmacie, les soins dentaires, l’hospitalisation, …
➢ La prévoyance : ce sont les arrêts maladie, l’invalidité, le décès.

Employeur et salarié cotisent pour chaque régime à des taux différents, proportionnellement au salaire et pour les tranches A et B.

Lexique

Tranche A : salaire compris entre 0 et 1 fois le plafond Sécurité Sociale (PMSS – 3 925 € en 2025)

Tranche B : salaire compris entre 1 et 4 fois le plafond Sécurité Sociale (PMSS – 3 925 € en 2025)

Chaque régime doit être équilibré pour être viable.

Normalement, le choix d’une mutuelle est le fruit d’un accord entre l’employeur et les Organisations Syndicales (OS). La précédente version de notre mutuelle correspondait bien à un accord entre Altran et les OS. Mais en 2017, Altran a unilatéralement dénoncé l’accord et a lancé une nouvelle négociation sur des bases moins favorables pour les salariés. Il n’y a pas eu d’accord et Altran a décidé unilatéralement de mettre en place en 2018 la mutuelle actuelle. A cette occasion, la complémentaire santé a été scindée en deux régimes : un régime de base et une surcomplémentaire, ceci afin de bénéficier d’une meilleure fiscalité tout en maintenant un bon niveau de garanties.

Depuis 2018, la structure de la mutuelle est restée la même, seules ont été réévaluées les cotisations afin de garder les régimes à l’équilibre.

Les prestations d’assurance sont fournies par Malakoff Humanis (MH) tandis que la gestion santé et prévoyance est confiée à WTW. Pour le salarié, l’interlocuteur unique est WTW, qui est en fait un intermédiaire entre le salarié et l’assureur.

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Un nouveau gestionnaire santé et prévoyance

Au 1er janvier 2026, Capgemini a décidé d’avoir un gestionnaire des régimes de santé et de prévoyance unique pour les deux UES Capgemini et Altran. Le nouveau gestionnaire Vivinter (groupe Diot-Siaci) prendra la suite de WTW et, en principe, ce transfert de prestation devrait se faire de manière transparente pour les salariés.

Dans tous les cas, les garanties actuelles restent inchangées.

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Nos cotisations

A ce jour, il n’est pas prévu d’augmentation de cotisations. Cependant, lorsque nous constatons les diverses mesures concernant la CPAM (Caisse Primaire d’Assurance Maladie) prises en 2025 et celles prévues dans le projet de loi de finance de la Sécu (PLFSS), nous nous attendons à avoir des augmentations conséquentes dans peu de temps.

➢ Au 1er avril 2025, le plafond des indemnités journalières de la Sécu (IJSS) a été porté à 1,4 SMIC alors qu’il était de 1,8 SMIC auparavant. Ceci implique que la prévoyance doit compléter cette différence de plafond pour des arrêts maladie supérieur à 90 jours.
➢ Le PLFSS « initial » prévoit de limiter la durée d’un arrêt maladie à 15 jours. Ce qui obligerait les malades à faire renouveler tous les 15 jours leurs arrêts maladie, autant de fois que nécessaire. Ceci risquerait d’augmenter le nombre de consultations et pas forcément de limiter la durée globale des arrêts maladie. Le résultat probable serait une augmentation des remboursements par la complémentaire santé. Toutefois, cette mesure a été fortement critiquée et en partie supprimée lors des débats à l’Assemblée Nationale et au Sénat. Cependant, elle pourrait revenir à l’occasion de l’adoption du PLFSS final.
➢ Le PLFSS « initial » prévoit une taxe exceptionnelle de 2,05% sur cotisations des complémentaires santé. Nul doute que ce surcoût sera répercuté sur les salariés. Il faudra toutefois attendre son adoption définitive dans le PLFSS final.

Par ailleurs, depuis la sortie de la période COVID, les arrêts maladie sont plus nombreux et de plus longue durée. Ce qui implique moins de cotisations et plus de dépenses à charge de la mutuelle.

N’oublions pas non plus les baisses de prises en charge par la CPAM qui deviennent une charge supplémentaire pour la mutuelle.

Faisons un rêve : une complémentaire santé moins chère …

En fait, c’est possible. Ce qui coûte le plus, ce sont les frais de gestion et la fiscalité. Et il s’agit d’une exception française.

Les frais de gestion pour une mutuelle d’entreprise coûtent entre 15 et 18% de la cotisation alors que les frais de gestion de la CPAM ne sont que de 4%. Ces frais couvrent l’acquisition des contrats, leur administration, la gestion des remboursements, … mais aussi, le développement commercial, la communication, la stratégie financière et la rémunération des actionnaires. Autant de surcoûts que l’on ne retrouve pas dans la gestion faite par la CPAM.

Concernant la fiscalité, il existe :

➢ La Taxe sur les Conventions d’Assurance (TCAS), dont le taux est de 7% pour les contrats dits « solidaires et responsables » (qui représentent 95% du marché).
➢ La Taxe de Solidarité Additionnelle (TSA), qui s’élève à 6,27% et était initialement destinée au financement de la CMU-C.

Soit au total une taxation à 13,27%, alors qu’ailleurs en Europe, la fiscalité est bien différente.

➢ Allemagne : pas de taxe, et cotisations déductibles des impôts
➢ Italie : taxe à 2,5%
➢ Espagne : taxe à 0,15%

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⇒ En conclusion, lorsque l’Etat décide de baisser les prestations de la CPAM, cela entraîne mécaniquement l’augmentation des cotisations de la mutuelle et, in fine, la baisse du salaire net des salariés et l’augmentation les recettes fiscales de l’Etat.

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Conseils FO

Pour toutes informations complémentaires, vous pouvez nous contacter :

ds.fo@fo-groupe-altran.com

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IdF et HdF : David GOMÈS

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Est : Julien Do NASCIMENTO

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Sud-Ouest : Xavier CRAIPAIN

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Ouest : Marjorie Lepetit

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Rhône Alpes : Pierre VETTORI

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